« Retour au blog de dbalavoinedams

Interview de Guillaume Formet de Saint-Louvent

Interview de Guillaume Formet de Saint-Louvent
Voici une interview récupérée ici, dans laquelle Daniel est cité, concernant son rôle sur le Dakar.

Guillaume Formet de Saint-Louvent, itinéraire d'un enfant du sponsoring voile

Guillaume Formet de Saint-Louvent est chef de groupe de promotion à la Direction de la communication du groupe Sup de Co La Rochelle. Il a longtemps travaillé dans le domaine du sponsoring sportif après être passé par le Tour de France et le Dakar. Il nous livre ses impressions sur son parcours.


Sports and Marks : Guillaume, tu as travaillé chez Bayer, quel était ton rôle ?

GF : J'étais chargé de sponsoring pour le laboratoire pharmaceutique. Il sponsorisait alors le bateau de Yvan Bourgnon. Bayer a créé un sailing team, salarié l'ensemble de l'équipe, nommé un chef de projet et la société avait besoin d'un coordinateur pour rapprocher les différentes structures liées au projet. La société a fait appel à moi. Mon rôle consistait aussi à faire la dynamisation du sponsoring en interne, Bayer ayant beaucoup de fournisseurs parmi ses multiples activités. Je développais notamment la politique de relations publiques sur les courses.

SaM : On sait que le sponsoring voile est un domaine difficile, que monter des équipages n'est pas aisé. On sait aussi que ça demande beaucoup d'argent mais sans doute moins que pour d'autres sports plus médiatisés. Quelle est ton opinion sur le sponsoring de la voile aujourd'hui ?

GF : Le secteur de la voile s'est tordu le cou lui-même. De grosses multinationales ont souhaité le sponsoriser. C'est le cas notamment de Total, qui, pour redorer son blason suite aux problèmes de pollution des mers, a proposé de sponsoriser l'ensemble du secteur voile, des activités olympiques jusqu'à la voile océanique. Beaucoup d'acteurs de la voile ont boycotté Total et depuis, le secteur est sur le déclin. On avait un sport qui se professionnalisait avec des PME/PMI qui investissaient de l'argent car le rapport qualité/prix est excellent. Pour donner un ordre de grandeur, investir dans un bateau multicoque revient en terme de coûts à sponsoriser un petit club de ligue 1 de football. Par contre, le nom du bateau est celui de la marque, on en parle beaucoup dans les media et les retombées en termes de notoriété et d'image sont très bonnes. Beaucoup de grosses entreprises, suite à ce boycott, ont donc fait volte-face d'où l'auto-sabordage de la voile.

SaM : On a pourtant l'impression que les PME/PMI intègrent de plus en plus la voile. on pourrait citer Brossard, toutes proportions gardées, présente par exemple sur la Route du Rhum,....

GF : En fait, la voile change de fonctionnement. Brossard n'est pas armateur mais sponsor de l'écurie créée par Yvan Bourgnon. La marque a eu l'intelligence de sponsoriser plusieurs bateaux, dans plusieurs catégories, ce qui lui permet d'être présente sur bon nombre d'événements et sur plusieurs supports. La marque achète de l'espace publicitaire sur les bateaux comme elle pourrait acheter du 4x3 dans la rue. Par contre, les structures, elles, restent indépendantes. C'est peut-être l'avenir de la voile, ce qui lui permettra de se développer. A côté de ça, le circuit des multicoques se casse la figure puisqu'il y a de moins en moins de bateaux. La voile n'est donc pas du tout en développement. La preuve en est : Orange se retire des compétitions.

SaM : Alexandre Assous, de l'agence Leroy-Tremblot, m'expliquait les difficultés et les contraintes du marquage sur les coques. As-tu travaillé sur ces problématiques ?

GF : La législation française ne permet pas de faire apparaître les logos, sur les images TV, de manière permanente. Les télévisions ont d'ailleurs l'obligation de retourner certaines images afin de ne pas lire les logos, parfois trop présents. C'est donc très stratégique et il faut bien penser à l'endroit, la taille, etc. Et même si ce n'est pas une science exacte, les structures font très attention à ce genre de choses.

SaM : J'ai l'impression qu'il y a plusieurs mondes dans la voile : celui dont on vient de parler avec les PME/PMI et puis la Coupe de l'America notamment, où il ya beaucoup d'argent...

GF : Bertrand Passet et Loïck Perron ont essayé de chercher des financements pour cette épreuve. Ils n'ont pas pu monter leur équipage. La Coupe de l'America a une image d'élite mais ellle est en train de se démocratiser en accueillant des équipages qu'on ne voyait pas jusqu'à présent. Mais il est vrai que la course a toujours cette image de "Lords anglais".

SaM : Guillaume, revenons au début si tu veux bien. Ton parcours ne se limite pas à la voile, peux-tu nous en dire deux mots ?

GF : Alors que j'étais étudiant, j'ai travaillé comme assistant presse lors de la Coupe du monde 1998, sur le site de Nantes, les jours de matchs. J'ai découvert l'événementiel sportif comme ça. Voulant revivre ces moments forts, je me suis spécialisé dans le marketing sportif. Puis j'ai travaillé pour les Tours de France 1999 et 2000, juste après les premières affaires de dopage. J'ai ensuite passé mon stage de DESS management du sport à la filiale commerciale de la Fédération Française de Voile. Puis je suis entré chez Bayer en 2002. Peu après, Bayer arrêtait le sponsoring sportif.

SaM : Tu as aussi eu une expérience sur le Dakar...

GF : J'ai en effet fait un concours de journalisme pour NRJ en 2001 qui m'a mené au Dakar, en conditions de course, dans une voiture de presse pilotée par quelqu'un de chevronné. Je faisais des chroniques tous les jours, sur le Net et des passages réguliers sur l'antenne radio.

SaM : Je vais me faire provocateur, le Dakar est toujours montré du doigt pour ses problèmes de sécurité mais il est aussi encensé par certains. Quelle est ton opinion ?

GF : Renaud chantait 500 connards sur la ligne de départ. Je crois pour ma part qu'il faut éviter de parler de ce que l'on ne connaît pas. Dans toute course, il y a des risques. Ce qui est moins normal, c'est que des villageois meurent. Il y a beaucoup de monde sur les bords de route, ce qui multiplie les risques. Mais pour eux, c'est une fête. Aujourd'hui, la politique de l'organisation de course change avec notamment l'utilisation de contrôles radars dans certaines zones de passage. Ce que les gens ne savent pas non plus et qu'il faut souligner, c'est que la course est toujours suivie par une caravane humanitaire. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque de Sabine, Daniel Balavoine présidait une association qui avait pour vocation de creuser des puits pour les habitants. Sa présence sur le Dakar n'était pas un hasard. Toutes les entreprises partenaires ont aujourd'hui une action humanitaire sur la course. Elles n'en parlent pas, donc ça se sait peu.


SaM : Aujourd'hui, tu touches toujours au domaine du sponsoring sportif, au sein de l'école de commerce de la Rochelle ?

GF : Ça fait partie de mes attributions. Nous avons un équipage qui fait le Tour de France à la voile qui a terminé premier du classement étudiant 2005 avant de se prendre une claque en 2006. Beaucoup d'étudiants viennent me voir pour me poser des questions sur le sponsoring, me demander parfois d'être leur directeur de mémoire. Ce n'est pas mon seul rôle mais c'est en tout cas une grande bouffée d'oxygène.

SaM : Penses-tu un jour rejoindre le département sponsoring d'une marque ou d'une société ?

GF : Je me suis retrouvé à La Rochelle en vue, à l'époque, de travailler pour les JO 2012. Je repartirai un jour dans le domaine du sport, à 100%, plutôt dans un complexe sportif. Qui sait...

SaM : Guillaume, merci.

GF : Merci
# Posté le vendredi 09 février 2007 03:31

« Article précédent : 4000 visites

Article suivant : Samedi 24 février, sur TF1, "Les 30 destins de... »